LES DATES ET LES PERIODES MARQUANTES DANS L'HISTOIRE DES AFRO-AMERICAINS

 

1619-1865 : l’esclavage des Noirs aux Etats-Unis

Peu après leur installation en Amérique, les premiers colons européens ont eu pour répondre à un grand besoin de main d’œuvre recours à l’esclavage.

En 1619, la présence d’esclaves africains en Amérique sera pour la première fois mentionnée. Des Africains réduits au statut d’esclave et traités comme de la marchandise, sont en effet acheminés jusqu'au Nouveau-Monde à bord de navires négriers : c’est la traite Atlantique. Ils sont ensuite assignés à un travail éreintant dans les plantations (tabac, indigo, coton…) et vivent dans des conditions déplorables sous les ordres absolus de leur maître. Cet esclavage à fondement racial s’institutionnalise progressivement grâce notamment aux codes noirs adoptés dans les Etats et qui définissent le droit de propriété du maître sur ses esclaves, dépourvus de droits.

Certains Etats du Nord abolissent l’esclavage très tôt. C’est le cas du Vermont (1777), de la Pennsylvanie (1780), du Massachusetts (1783). Les Etats du Sud n’ont au contraire aucune tendance abolitionniste. Cette opposition divise l’Amérique en deux camps après l’élection du Président Lincoln, fervent défenseur de l’abolition de l’esclavage, qui s’affrontent durant la Guerre de Sécession entre 1861 et 1865. Les Etats abolitionnistes du Sud menés par Abraham Lincoln sortent vainqueurs de cette guerre.

C’est finalement en 1865 que le 13e amendement à la Constitution des Etats-Unis abolit définitivement l’esclavage sur tout le territoire américain.

 

Esclave noirs travaillant sur une plantation de coton

 

1865-1877 : la Reconstruction

A la fin de la guerre civile, le Sud est un champ de ruine, son ancien ordre social et économique basé sur l’esclavage est détruit. Les onze Etats confédérés réintègrent alors progressivement l’Union des Etats-Unis d’Amérique, alors dirigée par le Parti Républicain.

Malgré l’adoption de nouveaux amendements à la Constitution et du Civil Right Act en 1875 garantissant la citoyenneté américaine et donc le droit de vote aux Afro-Américains, l’état d’esprit des Sudistes demeure raciste et refuse ce statut d’hommes et de femmes libres à ceux qui étaient leurs esclaves.  

Des sociétés secrètes comme le Ku Klux Klan qui brûlent les terres, les récoltes et les habitations des Noirs pour assurer la domination économique des Blancs, cherchent à inscrire cette supériorité dans les lois et les institutions.

En 1877, la politique de Reconstruction prend fin ainsi que les tentatives d’intégration des anciens esclaves menées par le Congrès. Les États du Sud parviennent alors très vite à retirer aux Noirs leurs droits politiques, dans les faits sinon en droit, et mettent en place une ségrégation raciale intense. Une ségrégation moins marquée se met également en place dans les autres États.

 

Ku Klux Klan pratiquant un acte d'intimidation envers des citoyens Noirs

1896-1964 : la Ségrégation raciale

Dès 1876 et jusqu’à 1964, les lois Jim Crow à fondements racistes distinguant les individus en fonction de leur appartenance raciale mettent en place un contexte de ségrégation entre les Blancs et les Noirs en Amérique.

Mais c’est l’arrêt Plessy v. Ferguson de la Cour Suprême des Etats-Unis qui légalise officiellement en 1896 la Ségrégation raciale en autorisant les États qui le souhaitent à imposer des lois ségrégationnistes.

Durant cette période, les Noirs subissent de nombreuses discriminations et exclusions. Les lieux publics leur sont interdits, ils sont assignés à des infrastructures différentes de celles dont disposent les Blancs (toilettes publiques, écoles et universités, zone spéciale à l’arrière des bus…) et s’ils ne sont plus esclaves, ils restent au service des citoyens américains blancs. Les Afro-Américains sont également les victimes de violence extrêmes, comme le prouvent tous les lynchages qui ont eu lieu sans répression durant la ségrégation.  

Des mouvements émancipateurs voient le jour, comme le Parti des Droits Civique à la tête duquel se trouve le pacifique Martin Luther King, qui prononcera le 28 août 1963 à Washington le discours ‟I have a dream”, ou encore le Black Panthers Party qui aura recours à la violence pour la défense de la cause des Noirs.

La signature du Civil Rights Act de 1964 par le Président des Etats-Unis Johnson  qui déclare illégale toute discrimination reposant sur la race, la couleur, la religion, le sexe ou encore sur les origines des individus marque donc la fin de la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

Certaines lois  demeurent encore cependant comme celle interdisant les mariages mixtes entre les Blancs et les Noirs, qui ne sera jugée anticonstitutionnelle qu'en 1967.

 

Fontaines distinctes pour les personnes de couleur ou non colorées

FRISE CHRONOLOGIQUE

Frise(Cliquez sur la photo ci-dessus pour l'agrandir)

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